PRÉSIDENTIELLE AU CONGO BRAZZAVILLE : COMMENT SASSOU ÉLIMINE SES OPPOSANTS

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Direction le Congo-Brazzaville, où une question revient, lancinante : peut-on vraiment imaginer une alternance démocratique, quand le pouvoir de Denis Sassou Nguesso se maintient depuis quarante ans ?
Le 20 février dernier, la Cour constitutionnelle a validé la liste des sept candidats retenus pour l’élection présidentielle de mars. Une liste dans la laquelle ne figurent les deux grands partis d’opposition, L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) et l’Union des démocrates humanistes (UDH-Yuki), ni le principal challenger de Denis Sassou Nguesso lors de la dernière présidentielle, Jean-Marie Michel Mokoko, détenu depuis juin 2016, condamné à 20 ans de prison en 2018 pour atteinte à la sécurité de l'État, une peine largement considérée comme politiquement motivée.
Et évidemment, le président sortant, âgé de 82 ans, et qui brigue un nouveau mandat de 7 ans à la tête du pays, est bien présent pour ce qui serait son cinquième mandat consécutif. Une candidature rendue possible par la Constitution qu’il a lui-même fait modifier.
Dans ce pays riche en pétrole, mais où près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, le scrutin des 12 et 15 mars soulève de lourdes interrogations. Réforme constitutionnelle controversée, passage à un scrutin à tour unique, calendrier électoral avancé, opposition fragmentée et affaiblie… Le jeu démocratique est-il biaisé au Congo Brazzaville ? Poser la question en ces termes c'est déjà y répondre, mais un stop et une analyse s’imposent. C'est ce que nous allons faire avec mes deux invités : Hervé Mahicka, essayiste, spécialiste des questions de développement et de gouvernance, ex directeur de campagne de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko.
Avec nous également, Sadio Morel-Kante, journaliste et chercheuse associée à l’IPSE.